Le Pointer | Standard de travail | Standard Morphologique | Les points de non confirmation

Le Pointer


" Avec un artiste pareil qui est pour moi le symbole des multiples visages et contradictions de la chasse, on ne peut concevoir une biographie classique. Car il en va de lui comme de la chasse, dont la beauté si souvent fascinante n’est pourtant pas la fin première.

Brusquement confronté à cette mécanique complexe ou tout simplement par manque de compétences pour la modeler à sa guise, l’idée a été véhiculée que cette race n’existerait que par son côté athlétique et sportif, qu’il n’y aurait rien ou si peu, derrière la magie fulgurante de ses arrêts ou la rythmique obsédante de son galop. Ne prendre en considération que la partie émergée de l’iceberg, une apparence finale qui dissimule une réalité qui commande tout le reste, laisser croire à une antinomie entre la force brute athlétique et la capacité à chasser, c’est comme si on voulait nous faire croire qu’il n’y avait aucune violence dans une action de chasse !

Oui, le Pointer est doté d’une efficacité redoutable et meurtrière. Et c’est une des raisons pour laquelle on le choisit.
Mais son rendement n’est lié ni à une contrainte psychologique, ni à une obligation morale. C’est une conséquence mentale et physique d’un standard de travail qui en a certes fait un modèle d’esthétisme, un Seigneur de la plaine, mais qui prend racine sur un terreau cynégétique.

L’allure, le nez et la manière de s’en servir, l’endurance du galop, la fermeté d’arrêt… Tout dans son standard de morphologie et de travail est décrit, pesé, calculé, mesuré pour valider une efficacité cynégétique sur tous gibiers et tous terrains.

Cette création de génie, n’en serait pas une dès lors qu'elle n’aurait pas été à la hauteur de sa prétention à cette validité. Car si l’intention artistique est bien présente dans beaucoup de races, elle n’est pas suffisante chez un chien de chasse comme le Pointer. Il y a chez lui, cette rationalité esthétique qui donne à son action une reconnaissance et une acceptation justifiables, une forme d’efficacité harmonieuse incluant jusqu’à la grandeur quand il permet à son gibier de rendre un dernier souffle. C'est cette grandeur que nous emportons avec nous, accentuant la dimension tragique de l’acte final d’une chasse qu’il pratique avec panache et refus de la défaite.

En nous laissant séduire par ce chien dont la légende a trop souvent pris le pas sur la vraie nature, nous vivons avec lui les choses qui existent, les douleurs comme les plaisirs. Chaque moment de chasse et de vie commune restera une expérience, un parti pris stimulant qui nous plongera dans le mystère d’un chien multiple, redoutable chasseur sportif, funambule et artiste qui aura passé son temps à gommer le visage qu’on donnait de lui pour s’inventer et inventer pour son maître, des tableaux de chasse toujours signés. "


Philippe MARSAL



Le Standard de travail du Pointer

Toutes ses facultés doivent converger vers un seul but :
CHERCHER et TROUVER le gibier avec STYLE et PASSION

La facilité et l’élégance de ses allures lui donnent un galop allongé, rapide, avec un rythme constant et des déplacements en lignes droites. L’encolure doit apparaître bien dégagée des épaules et tendue.

LA TETE est portée au-dessus de la ligne de dos, la ligne de chanfrein légèrement relevée. D’un regard attentif, il scrute le terrain loin devant pour l’utiliser avec intelligence et exprimer sa passion de la chasse.
Les membres antérieurs doivent aller chercher leur appui sur le sol le plus loin possible en avant. Dans leur jeté, ils montent vers la position horizontale permettant ainsi une foulée maximum.
Le mouvement doit être ample, délié et harmonieux.
De profil, on voit le tronc osciller légèrement, mais la ligne de dos reste droite et tendue, seul le rein s’infléchit vers le bas et se détend tel un ressort tandis que les postérieurs se projettent au maximum en arrière dans un élan puissant.

LE FOUET sera porté dans le prolongement du rein, jamais au dessus et dans le galop rectiligne, il peut osciller légèrement de haut en bas.

LA QUETE bien en appui sur le vent, elle est croisée avec des lacets amples et rectilignes (en fonction du terrain).


L’ARRET
Dans les conditions idéales, lorsqu’il perçoit une émanation, il quitte brutalement sa quête pour remonter rapidement dans le vent avec décision et autorité et finir par un arrêt subit, brusque, comme s’il avait heurté une barrière invisible. La perception de cette émanation doit se traduire par une réaction dont la soudaineté exprime la violence.
Dans cet arrêt brutal et soudain, il apparaît dressé, sculptural, le cou tendu, la tête dans le prolongement ou au-dessus de la ligne de dos, le chanfrein horizontal ou bien montant, les narines dilatées, le regard fulgurant, les oreilles remontées au maximum, les muscles bandés et saillants, un membre antérieur souvent replié ou un membre postérieur tendu très en arrière.
Il reste ainsi figé avec une expression de certitude absolue. Si le gibier tente de piéter, il l’indique en se redressant encore plus, remontant le chanfrein pour ne pas perdre l’émanation.
Toutefois pour un arrêt de surprise, une autre attitude sera tolérée à condition que le chanfrein soit bien haut dans la direction du gibier.
Dans tous les autres cas un arrêt couché interdit l’attribution du qualificatif « Excellent ».


SON COULE avide, décisif et dominateur, pourra s’exprimer aussi par une succession d’arrêts saccadés typiques de la race.
Dans « L’ARRET A PATRON » l’arrêt doit être pris avec la même autorité (quoique dans une position moins tendue) par le chien qui voit à l’improviste son compagnon déjà à l’arrêt lorsqu’ils sont proches l’un de l’autre; s’ils sont éloignés, «l’arrêt à patron» pourra être précédé d’un bref coulé.









Le standard Morphologique du Pointer


CARACTERES GENERAUX : Chien d’arrêt à poil ras appartenant au groupe braccoïde (selon la classification de Pierre Mégnin). Le Pointer représente le chien d’arrêt par excellence. Il se présente comme un athlète agile à la musculature puissante, alliant la force à l’élégance, harmonieux dans ses lignes, racé , construit pour résister aux allures rapides et soutenues.

TÊTE : « La tête, c’est le noyau du pointer » écrivait W. Arkwright.
Les zootechniciens s’accordent à dire que la tête s’impose comme un caractère essentiel et dominateur, dont la silhouette n’éprouve que des variations peu fréquentes et peu étendues chez les races bien fixées. Elle traduit et caractérise le « type » et la « race ». La tête du pointer doit être longue (4/10ème de la hauteur au garrot) ; sèche, bien ciselée, notamment dans la région sousorbitaire, où elle présente évidements et reliefs bien accusés. Les axes supérieurs longitudinaux du crâne et du chanfrein sont convergents, ce qui est un caractère typique. Cette convergence peut être plus ou moins accusée ; elle de doit d’être marquée mais non excessive.

CRÂNE : La longueur du crâne est égale à celle du chanfrein. L’idéal étant que la mi-longueur de la tête se situe sur la ligne imaginaire transversale joignant les angles internes des paupières. La largeur bi-zygomatique du crâne (et non des pariétaux, comme il est souvent dit par erreur), doit être inférieure à la moitié de la longueur de la tête. Ses parois latérales sont plates et les muscles des joues complètement effacés. Vue de face, la partie supérieure du crâne est modérément convexe, la dépression du sillon médio-frontal atténuant encore cette convexité. De profil, la ligne supérieure du crâne est encore moins convexe que de face et sensiblement plate au niveau de l’insertion des oreilles. Elle s’incline d’arrière en avant, de la crête occipitale à la dépression naso-frontale, constituant ainsi la « convergence » des axes supérieurs déjà précisée. La crête occipitale est bien visible (figures 4, 5 et 6).


DEPRESSION NASO-FRONTALE ou « STOP » : L’accentuation de cette dépression située entre le front et le chanfrein est typique chez le pointer. Elle forme un angle de 120 à 130°, et doit en partie son caractère accusé à la saillie très marquée des arcades sourcillières.

CHANFREIN : Son profil supérieur est rectiligne. Toutefois le standard l’indique : « d’apparence creuse ». Impression donnée par la convergence des axes du crâne et du chanfrein et par la ligne supérieure de la truffe qui tend à s’élever légèrement au-dessus de la ligne droite du chanfrein. Sa largeur, mesurée à moitié de sa longueur, doit être de 40% de cette longueur, qui elle est égale à la moitié de la longueur de la tête.

MUSEAU et LEVRES : Les faces latérales du museau sont parallèles. Sa face antérieure (extrémité) bien développée en hauteur et en largeur et sensiblement plate. Le profil de la lèvre supérieure présente le dessin d’un demi-cercle. Les lèvres doivent être fines, non lourdes et non flottantes, ne dépassant pas la ligne horizontale sur laquelle se troue la commissure labiale, celle-ci bien marquée, sa muqueuse non visible.

TRUFFE : Doit être grande, aux narines bien ouvertes, humide et fraiche, attachée sur la ligne supérieure du chanfrein, elle s’élève un peu sur cette ligne, participant ainsi à l’apparence creuse de ce dernier, ainsi que le souhaite le standard. La pigmentation de la truffe va du noir au brun selon la couleur de la robe. Elle peut être plus claire chez les chiens aux taches orange pâle. Une légère marbrure ne constitue pas un défaut (ne pas confondre marbrure et ladre). La face antérieure de la truffe doit se trouver sur le même plan vertical antérieur du museau.

MACHOIRES ET DENTURE : Les mâchoires d’égale longueur. La denture complète (42 dents). La face interne des incisives supérieures venant glisser, en contact, sur le ¼ supérieur de la face externe des incisives inférieures (denture dite « en cisaille »). Ou les incisives supérieures se rencontrent bout à bout avec les incisives inférieures (denture dite « en pince »).

OEIL : Il doit être grand, brillant, l’iris bien pigmenté. Le regard franc, vif et intelligent à la fois. Les paupières bien ouvertes et cette ouverture voisine du rond. Leur axe transversal peu incliné sur l’horizontale : 10°.

OREILLE : Attachée haut, mince et souple. De forme sensiblement triangulaire à pointe étroite. Portée bien plate et plaquée à la paroi de la joue, dont elle s’écarte si le chien est intéressé ou en arrêt. En position normale, elle ne doit pas dépasser la ligne inférieure de la gorge.

DESCRIPTION DU COU & DU CORPS

COU : Le cou doit être long. En extension, sa longueur égale celle de la tête. Musclé, il devra sortir des épaules avec élégance et s’attacher de même à la tête. Son profil supérieur étant légèrement convexe dès le départ de la nuque.

POITRAIL : « Simplement assez large », indique le standard, ce qui implique une modération dans sa largeur, en harmonie avec une poitrine aux côtes à la fois convexes et longues.

POITRINE : La poitrine est ample dans son ensemble, mais principalement dans sa profondeur (longueur) et sa hauteur descendue jusqu’au niveau du coude ou légèrement plus bas. Son diamètre maximum se situe à sa mi-hauteur et diminue progressivement vers le sternum sans jamais prendre la forme de carène. Les fausses côtes longues et bien inclinées rapprochées du bord antérieur de la cuisse.
Il est important que le sternum soit long, ce qui indique de bons espaces intercostaux allant de pair avec une cage thoracique profonde dans le sens de sa longueur. Ce sternum doit présenter un profil en arc large remontant en une courbe bien suivie vers l’abdomen. La hauteur sous-sternale (du sternum au sol), est égale à la moitié de la hauteur au garrot.

DOS ET REIN : Le dos, rectiligne et horizontal, présente un garrot « bien sorti ». La ligne dorsale se fondant gracieusement avec celle très légèrement convexe du rein, lequel doit être large et bien musclé.

CROUPE : Elle est longue, large, robuste. Très peu inclinée vers la naissance du fouet, elle est dite « horizontale ». La perceptible saillie des hanches ne dépasse pas le profil du rein.

VENTRE ET FLANC : Le ventre est maigre, sans exagération. Son profil remonte du sternum au flanc, lequel doit être minime dans son creux.

FOUET : Attaché sur la ligne de la croupe ; il est gros à sa naissance et va s’amincissant vers son extrémité qui doit être très fine. Modérément court, il est souhaitable qu’il n’atteigne pas la pointe du jarret. Porté à l’horizontale et plus souvent un peu en dessous, il peut être sensiblement rectiligne ou en « manche de pompe », c’est-à-dire légèrement convexe dans la moitié de son profil supérieur et en légère concavité dans la partie terminale. D’aspect bien lisse, le fouet sera garni de poil dense, très court et fin.
Les vertèbres caudales non saillantes.

DESCRIPTION DU MEMBRE ANTERIEUR

EPAULE : Vue de profil, l’épaule doit être inclinée sur l’horizontale : de 50 à 55°, garnie de muscles longs dégagés de tout empâtement.

BRAS : Il est peu incliné sur l’horizontale : 60 à 70°. De face, sa direction est presque parallèle au plan médian du corps.
Comme pour l’épaule, sa musculature est forte, longue et nette.

AVANT-BRAS : Vertical et bien musclé. De section ovale d’avant en arrière, il présente à sa partie postérieure un tendon fort et détaché, nettement visible sous la peau.

CARPE : Le carpe, ou poignet, placé dans la verticale de l’avant-bras, ne doit pas être en saillie sur la face antérieure de ce dernier. C’est une des charnières essentielles du membre.

METACARPE : Appelé aussi « canon métacarpien », le standard le souhaite « rebondissant », c’est-à-dire en position d’élasticité et jouant le rôle d’amortisseur dans les allures, d’où sa légère inclinaison en extension, absolument indispensable.

PIED : De forme ovale, aux doigts bien courbés, serrés et secs. Coussinets plantaires fermes et pigmentés, ainsi que les ongles.

DESCRIPTION DU MEMBRE POSTERIEUR

CUISSE : Longue, large, inclinée d’arrière en avant à environ 70 à 75° sur l’horizontale. Le bord postérieur est convexe. Les muscles très développés, saillants et bien séparés.

JAMBE : Au dessus du jarret, la rainure jambière formée par le tendon est très marquée, ainsi que la saillie externe de la veine saphène. L’inclinaison de la jambe est d’environ 40° sur l’horizontale.
Sa forte ossature s’articule solidement avec le fémur au niveau du grasset (articulation fémoro- tibio-rotulienne). Ses muscles sont longs, puissants et secs.

JARRET : Dans le standard, le jarret est indiqué « près du sol », ce qui ne constitue aucune donnée exacte. En fait, sa longueur correspond à 27% de la hauteur au garrot. Son articulation doit être très large.

METATARSE : Ou canon postérieur. Le chien étant dans la position « placé », ou en station debout, le métatarse se présente de tous les côtés : perpendiculaire au sol, formant en raison de la forte inclinaison de la jambe avec celle-ci, un angle assez fermé d’environ 130°. Si on descend une perpendiculaire de la pointe de la fesse au sol, le métatarse se place nettement en arrière de cette verticale.

PIED POSTERIEUR : D’un ovale un peu plus court que celui du pied antérieur et possédant les mêmes qualités de compacité et de courbure des doigts.


DESCRIPTION DES TEGUMENTS : PEAU & POIL

PEAU : Elle doit être bien adhérente aux tissus sous-jacents, sans relâchement aucun. La tête ne présentant pas de ride et la gorge pas de fanon. Cette peau doit être fine, souple et mince au point de laisser voir le réseau veineux des oreilles et des membres. Le pigment des muqueuses doit être le plus foncé possible et sans ladre.

POIL : Il doit être dense, régulier dans sa longueur selon les parties du corps et des membres. Uniformément lisse, fin, rectiligne. Très court et luisant.

ROBE : Douze couleurs de robe sont acceptées TAILLE
La morphologie du pointer devant être celle qui convient le mieux à un chien de travail endurant aux allures faciles et rapides, les excès ou les insuffisances de taille et de poids doivent être évités. Les tailles indiquées par le Dr Solaro, dans son livre « Il pointer », nous paraissent à retenir :

Les points de non confirmation du Pointer





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